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C'est ainsi qu'on l'appelait, entre nous, en riant à moitié sous cape, comme les gamines que nous étions encore, avec une sorte de dédain qui ressemblait plus à une peur stupide : celle que l'on éprouve bien humainement face à quelqu'un que l'on ne peut appréhender, que l'on ne sait pas saisir, qui nous échappe. Cette peur-là engendre le pire : le mépris, le rejet, la persécution, la torture... Mais nous n'en étions pas là tout de même ...non, c'était une gentille stupidité.

Ce matin, en fumant ma première cigarette, accroupie à la chinoise dans l'arrière-cour, les bambous n'ont fait que frôler mon attention et soudainement,  je l'ai comprise. J'avais bien quelques pièces de puzzle que je tentais maladroitement d'assembler depuis toutes ces années mais il m'en manquait trop pour avoir une vision d'ensemble.

Après tant d'années, j'ai enfin acquis l'expérience et la sagesse qui en découle pour "savoir la saisir, commencer à l'appréhender".  Maintenant que je me trouves dans une situation presque similaire à la sienne (qui l'eût cru !), c'est évident, mêmes questionnements qui me paraissaient à l'époque si irréels...

Morticia je peux vous le dire solennellement aujourd'hui : "Je vous ai comprise".

Morticia

* Morticia était le surnom doux donné à la femme de mon ex-employeur, en raison de sa ressemblance physique avec ledit personnage mais surtout à cause de son apparence froideur...son mari avait un petit côté Gomez également, on avait même trouvé le rôle du valet, c'est dire ;-)